De janvier à mars, le PIB nippon a progressé pour le cinquième trimestre consécutif grâce à une demande intérieure dynamique. La décélération s'est avérée moins forte que prévu après une très bonne fin d'année 2005.
Les chiffres de conjoncture du premier trimestre au Japon confirment que le pays a renoué de façon certaine avec la croissance. Si l'économie a connu un léger ralentissement, avec une hausse de son PIB de 0,5 % (contre 1,1 % au 4e trimestre 2005), ce chiffre s'est avéré meilleur que prévu, puisque les économistes tablaient sur une hausse de 0,3 %. Et surtout, il s'agit du cinquième trimestre consécutif de croissance économique. La décélération actuelle
'a rien d'alarmant, car le chiffre du 4e trimestre 2005 était particulièrement élevé, commente Sophie Mametz, spécialiste du Japon chez Ixis-CIB. Le dernier trimestre avait enregistré une hausse du PIB de 4,3 % en rythme annualisé, contre 1,9 % au premier trimestre 2006.
Le Japon est entré dans sa phase de reprise la plus longue depuis la Seconde Guerre mondiale, relève l'économiste. Et cette croissance est très saine. Elle est, en effet, tirée par une demande intérieure vigoureuse, à la fois du côté de la consommation privée que des investissements en équipements des entreprises, qui ont tous deux contribué à la croissance à hauteur de 0,2 %. Cela traduit, selon Sophie Mametz, les efforts entrepris ces dernières années par les entreprises japonaises pour se désendetter, avec des capacités d'autofinancement très importants. L'investissement privé non résidentiel a augmenté de 1,4 % au premier trimestre, alors qu'il avait reculé de 0,2 % au trimestre précédent.
Par ailleurs, les entreprises pensent à redistribuer une partie de leurs nouveaux profits en hausses de salaires. Résultat : l'indice de confiance des ménages a atteint, au premier trimestre de cette année, son plus-haut historique depuis plus de quinze ans. Ceci s'explique aussi par la baisse du taux de chômage, passé de 5,5 % il y a trois ans à 4,1 % aujourd'hui. Ces perspectives devraient rester très bien orientées puisqu'un très grand nombre de baby-boomers atteindront l'âge de la retraite l'an prochain. Or l'appétit accru de consommation des Japonais est lié au vieillissement, explique l'économiste Patrick Artus, les tranches les plus élevées de la population ayant la plus forte propension à consommer.
Le commerce extérieur a, pour sa part, contribué à hauteur de 0,1 % à la croissance, selon les économistes d'Ixis. Les exportations ont progressé de 2,7 % et contribué pour 0,4 % à la croissance, mais les importations ont également augmenté de 3 %, sous l'effet des prix élevés du pétrole et de ses fortes importations, qui ont grevé la contribution nette du solde extérieur.